Décidemment, certaines idées ont la vie dure !

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Décidemment, certaines idées ont la vie dure !

Une fois de plus, la pêche sous-marine subit, en Méditerranée, de nouvelles attaques sans réelles justifications. Notre collègue Alexandre Sassatelli nous en résume la teneur. Les pratiquants dénoncent une réglementation jugée injuste et incohérente dans les Calanques. Le projet de nouvel arrêté encadrant la pratique de la chasse sous-marine en Méditerranée suscite l’inquiétude des pratiquants, notamment dans le Parc national des Calanques. En cause : une disposition jugée disproportionnée et discriminatoire par rapport aux autres formes de pêche de loisir.

Une distance de 100 mètres jugée inapplicable et inéquitable

Le texte prévoit d’interdire aux chasseurs sous-marins de s’approcher à moins de 100 mètres des zones de non-pêche, alors qu’à la création du parc, il avait été convenu que la limite s’arrêtait au bord même de ces zones. Cette mesure viserait exclusivement la chasse sous-marine, excluant les pêcheurs à la ligne ou professionnels. Les pratiquants dénoncent ainsi une rupture d’égalité entre usagers de la mer. Selon les études du GIS Posidonie, la chasse sous-marine figure pourtant parmi les pratiques les moins impactantes sur les écosystèmes marins, grâce à sa sélectivité, sa limitation au jour et l’absence d’appâts.
Sur le plan pratique, la règle est jugée « floue et source de conflit » : estimer visuellement une distance de 100 mètres serait difficile, ouvrant la voie à des contestations. Les chasseurs sous-marins plaident pour le maintien de la règle actuelle, simple et lisible : « On est soit dans la réserve, soit en dehors », rappellent-ils.

Des zones d’interdiction jugées arbitraires

À cette restriction s’ajoute l’arrêté préfectoral 229/2025, qui reprend celui de la ville de Marseille. Il interdit la plongée sous-marine, l’apnée et la chasse sous-marine dans les zones définies Ziem, ZIM et ZRUB, à l’exception de la zone de Saint-Estève. Si cette limitation paraît légitime dans les chenaux, zones de baignade ou espaces réservés à la navigation, son application étendue à d’autres secteurs suscite de vives interrogations. Selon Alexandre Sassatelli, responsable départemental de l’association Chasse sous-marine passion, une lecture littérale de l’arrêté reviendrait à interdire ces activités dans des sites emblématiques tels que Sormiou, Morgiou ou Castel Vieil, pourtant considérés comme des berceaux historiques de la plongée et de la pêche sous-marine. « Dans cette hypothèse, les pêcheurs sous-marins dépourvus de bateau ne pourraient plus accéder à l’eau depuis les calanques, et même la simple randonnée palmée serait compromise », souligne-t-il. Une interprétation qui aurait d’ailleurs surpris Laurent Scheyre, directeur adjoint du Parc national des Calanques, lors d’un échange informel.

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Un appel au dialogue et à l’équité

Dans l’ensemble, les représentants de la chasse sous-marine affirment ne pas s’opposer à la protection du milieu marin, mais demandent une réglementation équitable, claire et proportionnée. Ils appellent les autorités à renoncer à la zone tampon de 100 mètres et à clarifier l’arrêté 229/2025, au nom de la cohérence, de la sécurité juridique et du respect des libertés individuelles. « Nous partageons les objectifs de préservation du parc, mais les règles doivent rester compréhensibles, justes et applicables » , conclut Alexandre Sassatelli.

Joël Arvor
responsable commission pêche sous-marine