Pourquoi tant de morts en apnée ?

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Pourquoi tant de morts en apnée ?

Il n’est pas fréquent que la pêche sous-marine fasse l’objet de la première page d’un quotidien. C’est le cas pour le Télégramme du
13 août dernier, non pour promouvoir l’activité, mais pour faire état d’un nombre de décès qu’il estime important. En quelques semaines, trois accidents mortels sont à déplorer. Une des victimes était une personnalité bien connue et appréciée dans le monde de l’apnée.

Sur l’année 2024, onze apnéistes et pêcheurs sous-marins ont perdu la vie. Ce bilan peut paraître élevé, mais il convient de le rapprocher des cent-cinquante-mille pratiquants recensés en France (pêcheurs sous-marins et apnéistes). Le titre du quotidien, « Chasse sous-marine : pourquoi tant de morts en apnée ? », tomberait donc dans l’excès, au risque de faire passer un message tronqué auprès du public qui pourrait penser à des prises de risque inconsidéré. Il y a également cet amalgame entre apnée et pêche sous-marine, deux disciplines bien différentes. Enfin, la seule syncope n’est pas à l’origine de tous les accidents inventoriés.
Il n’en demeure pas moins que la pêche sous-marine est considérée comme un sport à risque, les assureurs sont là pour nous le rappeler. Et il n’y a pas de réels profils types des personnes accidentées. Il s’agit aussi bien de débutants, de pratiquants occasionnels, de pêcheurs chevronnés, de jeunes, de moins jeunes…
Les risques liés à l’apnée sont assez bien exposés dans l’article. Hyperventilation, recherche excessive de performance, méforme... peuvent conduire à l’accident fatal. Les autres typologies d’accidents, tel l’événement ayant coûté la vie à Benjamin Brisson en 2024, ne le sont pas. De même, le non-respect d’une signalisation plongeur ajoute sa part de risque à notre discipline.

La formation aidera à acquérir des bases tant sur le matériel, la sécurité que les contraintes liées à l’apnée. Elle rappellera un certain nombre de choses élémentaires, mais qui concernent souvent toutes les catégories d’usagers. Par exemple, prendre un bulletin météo avant une sortie relève du simple bon sens.
Cette formation pourra être dispensée au sein d’un club, ou auprès de personnes expérimentées, comme le souligne l’article. Le rappel régulier des consignes de sécurité par la FNPP/CSMP, au travers de ses publications, contribue au rôle qui doit être celui des fédérations.
Ceci étant, même si l’article du Télégramme énumère un certain nombre de points importants, le titre reste dérangeant et peut interpeler. Le nombre d’accidents recensés ne peut justifier des contraintes supplémentaires. Comme rappelé plus haut, au regard du volume de pratiquants et de l’exigence de la discipline, les accidents restent peu nombreux, notamment en comparaison d’autres activités sportives. Même si ces disparitions restent toujours des moments dramatiques, ce faible taux d’accidents mortels serait plutôt un signe de maturité et de prudence de la part des pêcheurs en apnée.

Enfin, la pêche sous-marine représenterait soixante-dix-mille personnes en France et le Finistère seul, un peu plus de 10 % de cette population. Environ 10 % seraient licenciés. On peut penser que la publication du Télégramme aura cette vertu d’inciter un plus grand nombre à se fédérer.

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Joël Arvor
responsable commission pêche sous-marine