Retour sur le festival national de la pêche

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Retour sur le festival national de la pêche

Le festival de la pêche à Nantes s’est tenu pour sa première édition du 23 au 25 mai dernier. On peut raisonnablement dire qu’il a été un grand succès avec la visite de près de vingt mille visiteurs auprès d’une centaine d’exposants avec une grande diversité de matériels, bateaux et de démonstrations sur l’eau. Une chose aura agréablement frappé tout le monde : un très grand nombre de jeunes au côté d’une foule de tous âges. Une illustration donc supplémentaire, s’il en était besoin, que la pêche en mer de loisir et sportive est, et reste, une activité populaire profondément ancrée dans la culture et les traditions, et qui transcende les différences sociales et générationnelles. Elle rassemble passionnés et curieux, jeunes et anciens, citadins et ruraux, dans un partage d’expériences et de savoirs qui renforce le lien entre l’homme et la mer au plus près des réalités et de la nature.

Inauguration du festival
Daniel Labaronne, Jean Mitsialis, Benoît Mayolle, Gérard Peroddi, Alain Scriban
Inauguration (partenaires organisateurs et officiels)

Initié sous sa forme actuelle par les équipementiers liés à notre passion via le Gifap - syndicat professionnel dédié à la défense des intérêts économiques, techniques et réglementaires des industriels, fabricants, importateurs, distributeurs et détaillants d’articles de pêche sur le marché français -, cet événement a été développé en partenariat direct avec la pêche en mer de plaisance et sportive représentée par la Confédération Mer & Liberté (CML), dont fait activement partie la FNPP, ainsi que celui de la pêche en eau douce représentée par la FNPF, Fédération nationale de la pêche en France. Ajoutons qu’ExpoNantes, avec son équipe sur place, a été également un partenaire organisateur avec qui les relations ont été excellentes en faisant de cet événement une réussite.

Nantes avait déjà été au centre de l’attention avec son fameux salon de la pêche en mer, initié à l’époque notamment par le regretté Hubert Guillois dont nombre des présents ont ici encore salué la mémoire.

Interview Pêche en mer

Plus qu’un salon, mais bien nommé festival, l’idée par notre présence sur le stand de la CML et son simulateur très animé, en a été de montrer que l’ensemble de la filière pêche s’est rassemblée autour d’un même événement face à des défis dont nombre d’entre eux sont communs ; tous évoluent avec un souci constant d’agir de façon responsable envers les écosystèmes, l’environnement et la biodiversité à préserver, tout cela aussi par le respect et la diffusion de bonnes pratiques au plus proche de la nature et grâce au travail de toutes nos fédérations et associations. Il n’était donc pas ici que de pure communication ou de postures pour servir tel ou tel intérêt personnels ou faire croire par des mots à des lendemains meilleurs.

C’est pourquoi ce festival a aussi été l’occasion de nombreux échanges et de débats entre partenaires et avec le public.

Car c’est bien grâce à vous, adhérents, associations et présidents de la FNPP, mais grâce à ceux des quatre autres fédérations (FFPS, FNANP ex-UNAN, FFESSM, FFPM) qui composent la Confédération Mer & Liberté, qu’ensemble nous pourrons faire bouger les choses en couvrant tous les types de pêche, mais aussi la sécurité, le portuaire et bien d’autres aspects. À cela s’ajoutent évidemment nombre d’activités du littoral (via les communes, ports, commerces, tourisme) qui en dépendent.

Face à nous, les mauvaises habitudes et les obstacles sont nombreux. Parfois aussi le manque de courage qui milite à couvrir des intérêts plus immédiats ou à court-terme en prenant trop souvent le dessus. C’est donc par nos fédérations rassemblées et en étant à l’écoute des pêcheurs au travers de nos associations, que peu à peu nous pourrons et devons faire évoluer les choses en étant à la table des discussions tant au niveau local, régional que national. Toutefois s’il le fallait, nous n’hésiterions pas à aller plus loin pour démontrer notre volonté en vue de faire évoluer les choses.

Faut-il rappeler que la force économique de la pêche plaisance et du nautisme, tous deux trop souvent pris comme variables d’ajustement dans d’autres contextes, représentent plusieurs milliards d’euros, comme il est tout aussi bon de rappeler à certains preneurs de décisions que cela implique un nombre d’électeurs qui se comptent en millions ?

Ce festival par les acteurs présents, qu’ils aient été exposants ou visiteurs, a donc été le reflet de cette diversité. Mais il a été aussi le témoin, il ne faut pas le cacher, d’un malaise croissant des pêcheurs, comme de nos adhérents, lié à l’incompréhension créée par l’accumulation de contraintes réglementaires ou de tous ordres sans qu’elles soient toujours justifiées – et donc explicables - ou mis au service d’une réelle vision et/ou stratégie équitable(s) ou partagée(s) sur la base d’une vraie analyse d’impact.

Ce n’est pourtant pas faute de les dénoncer avec force et argumentation auprès des preneurs de décisions. Mais cette non-reconnaissance des efforts des plaisanciers fédérés qui s’investissent pour transmettre bonnes pratiques et valeurs entre générations, ou donnent beaucoup de leur temps pour participer à tout niveau en étant souvent force de proposition, est très préjudiciable.

Cela est pourtant régulièrement rappelé à tous les niveaux, à commencer aux services concernés ou avec les ministres en place que nous ne manquons pas d’alerter et saisir concrètement. Mais une certaine instabilité n’a favorisé ni la prise de décision, ni la volonté de mettre en place une vision équilibrée, durable et assise sur une meilleure compréhension des réalités du terrain vers des solutions assurant le respect et l’avenir de notre passion et de nos libertés.

C’est donc dans ce contexte que la Confédération Mer & Liberté a tenu son assemblée générale sur place et en marge de ce festival. Elle a été bien sûr l’occasion de rappeler le constat dont nombre des enjeux et difficultés avaient déjà été présentés par le président de la FNPP lors de notre dernier congrès de Talmont-Saint-Hilaire et dans son précédent éditorial.

C’est pourquoi, pour, répondre au besoin de renforcer notre action commune, le conseil d’administration qui s’en est suivi, a décidé un renforcement de l’organisation et de la représentativité de la CML.

Aux côtés des deux co-présidents renouvelés (Jean Mitsialis et Gérard Peroddi) :
• Patrick Zimmermann prend en charge la stratégie et la coordination des travaux des commissions ;
• Alain Scriban, les relations institutionnelles & avec les partenaires, la communication et les relations avec la presse, en collaboration avec Vincent Ravel ;
• Simone Falce, les aspects administratifs, juridiques et le bon fonctionnement des commissions en tant que secrétaire générale.

Assemblée générale de la Confédération Mer & Liberté

Par ailleurs, les trois commissions de travail [1], en mettant en commun les expertises respectives de chacune de nos cinq fédérations, ont pour mission de renforcer notre argumentation et notre mobilisation à tous niveaux sur les dossiers « chauds » : bar, lieu jaune, thon, gestion des ports et des ZMEL, accès équitables et navigation dans les AMP, Natura 2000, champs éoliens, parcs marins et aires marines protégées, arrêt des pêches et engins destructeurs, respect uniformisé des zones et périodes de reproduction etc. Autant de sujets pour lesquels il ne faut pas baisser les bras malgré la multiplicité des obstacles, des interlocuteurs et des intérêts contradictoires.

Un seul objectif : préserver avant tout notre espace de liberté et que les efforts consentis par les pêcheurs plaisanciers soient non seulement reconnus et mieux respectés, mais aussi exigés de façon analogue de toute la filière tout en arrêtant d’opposer les uns aux autres.

Alain Scriban
vice-président conseil communication et secrétaire général

[1] Commission pêche en mer de loisir et sportive, pêche du bord, pêche à pied, pêche sous-marine animée par Joël Bréchaire, Amine Mammeri et Jean-Marie Perez ; commission plaisance (portuaire, zmel, parcs marins, éolien, aires marines protégées, sécurité etc.) animée par Louis Penhouët et Christophe Goumas ; commission environnement (biodiversité marine et littoral sciences participatives, problématique des agréments), animée par Fabrice Gosselin et Luc Martinez.