Le thon, c'est bon !

Environnement

Le thon, c’est bon !

Ce slogan publicitaire rajeunira quelques-uns d’entre vous, amis pêcheurs de loisir, vous dont la mémoire a été rendue inoxydable au temps qui passe grâce à sa consommation, phosphore oblige.

Souvenez-vous, c’était au temps où la réclame préconisait sur les trois chaînes télévisuelles existantes qu’il fallait, entre autres, manger des artichauts de notre belle Bretagne, puis décider de suivre le bœuf, ou manger du thon en boîte, parce que le thon, c’est bon ! Pour l’anecdote, le repas pouvait prendre fin dans la joie sur une banane mangée par les deux bouts.
Les temps ont changé ; la réclame est devenue « spots publicitaires ». Les arti-chauts luttent pour exister encore parmi les entrées de carottes râpées et autres salades plus ou moins exotiques, enfermées sous plastique ; le bœuf se voit reprocher ses flatulences censées attaquer la couche d’ozone ; le thon est pollué au plomb et autres saloperies et les bananes provoquent des catas-trophes environnementales à cause du chlordécone utilisé comme pesticide.

Reste qu’au-delà de ces messages simplifiés, jetés en pâture à des auditeurs sursaturés d’infos diverses, et si souvent menaçantes, grandit l’inquiétude de voir se dégrader les milieux anciens où s’épanouissaient autrefois végétaux et animaux. Le constat se précise chaque jour, et le tableau d’une nature vierge et lumineuse voit se multiplier les souillures que font la plupart des activités humaines. La conscience grandit donc de préserver l’avenir.

Lorsque les filières agricoles travaillent à produire toujours plus et parfois sans précaution, l’agriculteur s’interroge sur la vertu environnementale de ses pratiques ; s’il le désire et le peut, il met de plus en plus en œuvre des méthodes qui, avec le temps, visent à permettre le retour à un environnement de qualité.
Là résident sans doute les problèmes spécifiquement marins ; sachant les liens étroits qui existent entre milieux et espèces, la pêche, même de loisir, se résume à prélever des ressources qu’on n’a pas produites, à l’exception de la conchyliculture. Quant aux milieux, ravagés qu’ils sont par les chaluts entre autres, la question se pose de savoir comment les réparer pour les rendre un jour aptes au retour d’une flore et d’une faune florissantes. Au bénéfice du doute, admettons que nos chercheurs y travaillent.

Dans ces conditions, que faire, nous autres pêcheurs de loisir pour contribuer concrètement à ce qui ressemble fort aux travaux d’Hercule ? Que faisons-nous déjà avec la FNPP pour apporter des solutions ?

À la vérité, de brochures en plaquettes largement diffusées et expliquant les bonnes conduites aux plaisanciers, de Pêche Plaisance édités sous le sceau d’une pêche écoresponsable et durable, de la tenue d’écoles de pêche, de tenues de stands sur les salons nautiques, de participation à des parcs marins et autres structures, et que sais-je encore, nos actions sont innombrables, bien que pas toujours connues de tous.

C’est donc de ça qu’il s’agit : continuer à réfléchir, à agir sans faiblir et à le faire savoir, à partager en somme. C’est l’ambition du futur site de la FNPP.

Un jour, c’est certain, nos petits-enfants affirmeront sans crainte que le thon, c’est bon !

Dominique Viard
responsable de la commission environnement