Coque, palourde et praire
Les coquillages sont les espèces les plus recherchées en pêche à pied que ce soient les bivalves tels que les coques, moules, palourdes et autres praires ou les gastéropodes tels que les ormeaux, bigorneaux ou bulots. Mais difficile de s’y retrouver dans les noms locaux ; un coquillage a plusieurs noms selon le département voire à l’intérieur d’un même département. Je vais essayer dans ce premier volet d’y voir clair. Une chose est sûre, seul le nom latin permet d’identifier les espèces et encore ce n’est pas toujours certain. La liste des noms locaux n’est pas exhaustive.
La coque commune ou coque blanche (Cerastoderma edule)
Mollusque bivalve (ou lamellibranche) très commun sur nos côtes qui peut se pêcher toute l’année au râteau, à la griffe ou à la marque par un petit coefficient de marée. Elle cohabite souvent avec la palourde, parfois avec le manche à couteau et se trouve donc assez haut sur l’estran.
Taille réglementaire : 2,7 cm sauf sur le gisement de La Baule (3 cm).
Noms locaux : en Manche, hénon, énon, rigadot, rigadeau (Hauts-de-France) ; coque de Genêt (dép. Manche) ; rigadel, rigadelle, rigadeau (Bretagne nord). En Atlantique : rigadot, rigadeau, sourdon, maillot, croque.
La palourde
Il existe plusieurs espèces de palourdes. En premier lieu la palourde européenne qui devient rare et qui est supplantée progressivement par la palourde japonaise issue des élevages (vénériculture) tout simplement parce que cette dernière grossit beaucoup plus vite et que, par conséquent, elle est plus rentable pour les vénériculteurs.
La marque ou trace que laissent ces deux palourdes à la surface du sable, est différente. En effet les syphons qui permettent aux coquillages de se nourrir et de respirer par filtrage de l’eau, n’ont pas la même structure. Ceux de l’européenne sont écartés, ce qui fait que la trace est repérable par deux trous identiques espacés de 3 cm environ ; alors que ceux de la japonaise sont accolés et donc laissent une trace de deux trous rapprochés qui se confondent souvent en un seul trou.
Il n’y a pas beaucoup de noms locaux pour cette espèce qui reste bien identifiée par l’appellation palourde. On peut toutefois citer le nom de clovisse utilisé surtout en Atlantique et Méditerranée.
À signaler qu’il existe deux autres espèces recherchées : la palourde rose nommée aussi clovisse (Venerupis rhomboïdes), plus petite, qui fait même l’objet d’une pêche professionnelle en bateau en Bretagne nord. Et la palourde bleue (Venerupis pullastra) nommée aussi clovisse, palourde poulette et en Manche, coque bleue.
L’idéal pour pêcher toutes ces palourdes est de se munir d’une petite griffe voire d’un couteau à palourde en repérant les traces laissées à la surface du sable. La palourde rose et la palourde bleue peuvent aussi se pêcher « à la pissée » comme la praire avec laquelle d’ailleurs elle cohabite fréquemment. Enfin sur des bancs assez fournis, il est possible d’utiliser un râteau pour la japonaise qui peut cohabiter avec la coque. Elle se pêche toute l’année mais il peut y avoir des contraintes locales (baie du Mont St-Michel-côté Bretagne où trois zones « tournantes » ont été mises en place).
La taille réglementaire de la palourde européenne, des palourdes roses et bleues est de 4 cm, celle de la japonaise de 3,5 cm sauf en ex-Basse-Normandie 4 cm.
La praire (Venus verrucosa)
Autre coquillage très recherché. Il se pêche, pour les spécialistes, à la pissée. Cela consiste à frapper le sol avec une pique de deux ou trois doigts (piquot) pour que l’animal trahisse sa présence en éjectant l’eau contenue dans sa coquille. On peut également se servir dans la Manche, d’une petite pelle triangulaire ayant la même fonction que le piquot. Certains utilisent également une griffe.
Attention ! Sa pêche n’est pas ouverte toute l’année en Normandie.
Taille réglementaire : 4,3 cm.
Peu de noms locaux : on citera simplement coque rayée (Bretagne nord). On appelle « rouleaux » ou « rouleresses » les praires qui ont été désensablées par un petit courant et que l’on peut ramasser à vue.
À suivre…
Jean Lepigouchet
responsable commission pêche à pied


