Changements majeurs à venir pour la pêche récréative

Pêche de loisir

Changements majeurs à venir pour la pêche récréative

Dans un communiqué de presse du 6 décembre, peu de temps avant les discussions entre ministres européens pour définir les quotas 2025, le Conseil international pour l’exploitation de la mer (Ciem) qui constitue une structure clé dans le processus décisionnel européen par les avis qu’il donne sur les autorisations de prélèvements, suggère des changements majeurs à venir pour la pêche récréative. En effet, selon lui, « loin d’être une activité de niche, la pêche récréative (marine recreational fisheries MRF) mérite d’être prise en compte, notamment sur les environnements côtiers, mais également sur les stocks de poissons sans oublier les avantages en termes de santé, de bien-être et économiques pour les participants ». Retenons en tout cas que c’est la première fois que le Ciem est aussi explicite sur sa vision de la pêche récréative.

La pêche récréative est-elle trop complexe pour être incluse dans cette démarche ?

Les travaux relatifs à la feuille de route du Ciem sur la pêche récréative dirigés, par Kieran Hyder, Cefas, et Estanis Mugerza, Azti, coprésidents du groupe de travail du Ciem sur la science de la pêche récréative (WGRFS), révèlent plusieurs raisons qui expliquent le manque d’inclusion de la pêche récréative dans les évaluations. En effet, souligne M. Hyder, les processus consultatifs actuels pour ces pêcheries sont divers et dispersés, avec de nombreux engins utilisés et un manque de listes de participants les rendant difficiles à surveiller.
L’absence de mise en œuvre dans de nombreuses régions complique les efforts visant à garantir le respect des mesures de gestion. Ainsi, de nombreuses parties prenantes se demandent s’il vaut la peine d’inclure quelque chose d’aussi complexe dans le système existant. L’avenir nécessitera collaboration, innovation et adaptabilité.

Depuis que la collecte de données sur la pêche récréative est devenue obligatoire dans le cadre du DCF (Data Collection Framework qui permet de collecter et diffuser les informations), la quantité et la qualité des données collectées se sont considérablement améliorées. Les données sur le MRF ne doivent être incluses que dans les évaluations de stocks où la pêche récréative a un impact.

La première étape consiste à classer par ordre de priorité les espèces sur lesquelles la pêche récréative est susceptible d’avoir un impact. Une fois cette étape franchie, la pêche récréative peut être incluse dans la liste des questions à traiter lors des évaluations des performances. Pour ce faire, il faudra instaurer un climat de confiance entre la communauté des pêcheurs récréatifs et le Ciem, relançant ainsi pour la pêche plaisance en mer le débat sur les déclarations de prises de poissons sensibles, mais également sur un permis ou la déclaration annuelle du pêcheur.
Pour le moment, il n’y aura pas de changement majeur pour l’année 2025, sauf la pêche « No-kill » du lieu dans les zones 7 et 8, qui est désormais interdite dans l’Atlantique et la Manche du 1er janvier au 30 avril.

Rappel : la pêche de loisir, du bar et du lieu jaune en mer Celtique, Manche, mer d’Irlande, mer du Nord. Méridionale et golfe de Gascogne en zone économique exclusive française

Le lieu jaune (Pollachius pollachius)

  • Interdiction de pratiquer le pêché-relâché du 1er janvier au 30 avril, aucun spécimen de lieu ne peut être capturé et détenu.
  • Du 1er mai au 31 décembre, pas plus de deux spécimens de lieus jaunes ne peuvent être capturés et détenus par pêcheur et par jour.

Le bar (Dicentrachus labrax)

Au Nord du 48e parallèle

  • Du 1er février au 31 mars : la détention à bord, le transbordement, le transfert ou le débarquement de bar capturé dans les eaux de la zone économique européenne bordant les côtes françaises au nord du parallèle 48°N (divisions Ciem 4b et 4c et sous zone Ciem 7) sont interdits. Seule la pêche à la canne ou à la ligne à la main suivie d’un relâché est autorisée dans cette zone, y compris depuis la côte.
  • La pêche du bar à l’aide de filets fixes est interdite.

Au Sud du 48e parallèle

  • Dans les eaux de la zone économique européenne bordant les côtes françaises au sud du parallèle 48°N (divisions Ciem 8a et 8b), pas plus d’un spécimen de bar ne peut être détenu par pêcheur et par jour, y compris depuis la côte.
  • La pêche de bar à l’aide de filets fixes est interdite.
  • La taille minimale de conservation pour le bar européen est de 42 cm.
  • La taille minimale de capture de lieu jaune est fixée à 42 cm.

Taille minimale de capture

  • Les tailles (ou poids) à respecter, s’appliquent aux espèces listées et à toute pêche maritime de loisir.
  • À partir de navires ou embarcations de plaisance battant pavillon français, quelle que soit la zone de capture, étranger dans les eaux sous souveraineté ou juridiction française.
  • En action de nage ou de plongée.
  • À pied sur le domaine public maritime et sur la partie des fleuves, rivières et canaux où les eaux sont salées.

Sanction applicable en cas d’infraction

  • Amende pénale (jusqu’à 22 500 €).
  • Sanction administrative (amende jusqu’à 1 500 €/quintal), retrait de l’autorisation de pêcher.

Marquage des captures

  • Marquage obligatoire des espèces par ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale.
  • Les captures doivent être conservées entières jusqu’à leur débarquement pour permettre le contrôle de leur taille.

Denis Cottard
responsable commission pêche