Hecatombe

Sécurité

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L’été 2025 se termine et c’est un désastre sur le plan humain. Une augmentation sans précédent des noyades, en mer comme en eau douce. Fin juillet 2025, ce sont sept-cent-cinquante noyades dont 25 % sont suivies de décès, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2024. Toutes les classes d’âge sont concernées, particulièrement les jeunes de 13 à 17 ans. Mais quelles sont donc les raisons d’une telle hécatombe ? On peut toujours tenter une explication en prétextant les fortes chaleurs, la canicule. Dans ce cas, quelles solutions pourrons-nous imaginer dans un avenir de plus en plus chaud ?

Il faut bien le dire, l’indiscipline, le non-respect des règles de sécurité, le manque de bon sens sont des facteurs déterminants pour bon nombre de ces accidents. Ces facteurs viennent s’additionner à l’impréparation face au milieu aquatique, principalement au fait de ne pas savoir nager. L’apprentissage de la natation pour les élèves est pourtant une priorité nationale et un effort est en cours pour doter les territoires sous-équipés d’une structure légère dite « bassin mobile d’apprentissage de la natation ». Il est temps !
On ne le dira jamais assez, un accident est un cumul de conditions défavorables. Pour mettre toutes les chances de son côté :

  • apprendre à nager le plus tôt possible même s’il n’est jamais trop tard pour le faire. Renseignez-vous sur la présence des bassins d’apprentissage ou des piscines les plus proches ;
  • respecter les consignes de sécurité relatives au plan d’eau concerné comme le risque de courant, surtout dans les baïnes, mais également en rivière. Privilégier les zones surveillées ;
  • renoncer à la baignade quand l’envie n’y est pas.

Le danger des engins dormants

Revenons sur un accident de mer malheureusement typique et qui concerne la pose des engins dormants aux abords de hauts fonds. Le risque est majeur. Cette année encore, un plaisancier confirmé s’est noyé au cours de la récupération de son filet à la suite du chavirage du bateau. Alors que la pose s’était bien passée la veille, l’équipage de deux plaisanciers s’approche du banc de roches non sans avoir remarqué les quelques brisants qui blanchissent les lieux. Nos hommes sont plus soucieux de récupérer le filet lui-même que le poisson qui s’y trouve. Pourtant, avec précaution, ils prennent et embarquent le fanion, puis une partie du tramail est déjà à bord lorsqu’une lame plus méchante que les autres projette l’embarcation dans le filet. L’hélice est bloquée, le moteur cale. Le bateau ingouvernable présente le tableau arrière à la vague, puis se retourne sous les coups de butoir successifs. Un des plaisanciers s’accroche au navire jusqu’à l’arrivée des secours et en sera quitte pour une hypothermie. L’autre, parti à la dérive, ne sera pas retrouvé vivant. Tous deux portaient un gilet.
Dans ce cas, l’expérience n’est pas mise en cause, cependant la décision de reporter l’opération aurait permis d’éviter ce drame.
Aucun matériel embarqué ne suffira jamais à pallier le défaut de bon sens du marin, même celui du marin chevronné. Par contre, quelques conseils de prudence ne feront de mal à personne :

  • tenir compte de la météo, envisager des situations de repli, renoncer s’il le faut. C’est au chef de bord de décider ;
  • ne pas engager la vie des autres, équipage et sauveteurs. Ne pas surestimer ses moyens ni ses capacités, face à la mer la modestie est de mise. Et encore une fois, porter un gilet dès que les conditions l’exigent même si, dans des conditions exceptionnelles, il ne suffira pas à garantir la survie.

Patrice Allin
responsable de la commission sécurité