Saint-Vaast-la-Hougue - Loisirs. Mesures de limitation de la pêche au maquereau Les associations de pêche vent debout
Réunies lundi à la capitainerie de Saint-Vaast-la-Hougue, la FNPP et la CLM ont annoncé une grande manifestation samedi à Cherbourg.
© La Presse de la Manche - Frédéric Sengès
Denis Richard, président du comité départemental de la Fédération de la plaisance et des pêches en mer, a réuni plusieurs responsables du CPLM 50, lundi matin, à 10 heures, à la capitainerie de Saint-Vaast-la-Hougue, pour exprimer l’opposition des pêcheurs de loisirs aux mesures prises par l’Europe…

La Presse de la Manche

Saint-Vaast-la-Hougue - Loisirs. Mesures de limitation de la pêche au maquereau Les associations de pêche vent debout

Denis Richard, président du comité départemental de la Fédération de la plaisance et des pêches en mer, a réuni plusieurs responsables du CPLM 50, lundi matin, à 10 heures, à la capitainerie de Saint-Vaast-la-Hougue, pour exprimer l’opposition des pêcheurs de loisirs aux mesures prises par l’Europe et le ministère de la Mer, dont la limitation de la pêche au maquereau à cinq poissons par jour et par personne.

« Cette mesure est disproportionnée, injuste et scientifiquement non démontrée »

« Cette mesure est disproportionnée, injuste et scientifiquement non démontrée », a-t-il déclaré. « Le maquereau est exploité massivement par des flottilles industrielles opérant à l’échelle internationale, en particulier en mer du Nord. La pêche de loisir représente seulement 0,65 % des volumes prélevés. Elle ne doit donc pas être la variable d’ajustement des échecs des gestions politiques et industrielles. »
Et d’ajouter : « Cette décision est politiquement facile, mais techniquement contestable. Aucune étude publique n’a démontré qu’une restriction aussi drastique aurait un effet mesurable sur la ressource. Au contraire, elles confirment qu’il n’y a pas d’impact, au moins jusqu’au prélèvement de 8 maquereaux par jour et par pêcheur. On ne sauve pas un stock international attaqué par des usines flottantes avec un panier familial. »
Denis Richard est toutefois conscient que la ressource en maquereau est en diminution : « La pêche de loisir n’est pas forcément opposée à certaines mesures, mais des décisions arbitraires ont été prises par la ministre de la Mer.
Un quota a été déterminé avant l’ouverture de la consultation publique, sans étude scientifique et sans concertation. Pourquoi faire payer aux pêcheurs plaisanciers la libéralisation de la pêche industrielle ? Cette décision signifie la mort de la pêche de loisir. »
Le président poursuit : « Bien plus grave encore, cette décision a un effet immédiat et dévastateur sur le littoral, les pêcheurs responsables et les familles qui pratiquent la pêche de loisir. On provoque une levée de boucliers de la part de milliers d’électeurs représentant un poids économique de plus de 4 milliards d’euros. »

Les petits paient pour les plus gros

Un bateau de pêche de loisir représente en effet chaque année des milliers d’euros dépensés pour sa place dans le port, son entretien, le matériel de pêche… Autant de ressources qui ne profiteront plus aux différents acteurs maritimes qui, aujourd’hui, tirent parti de cette manne.
« Alors que la pêche et l’activité des ports de plaisance sont déjà largement soumises à des contraintes pas toujours équitables, cette décision ne fera que pousser des milliers de gens raisonnables, jeunes et bons pères de famille, à faire fi de la réglementation. Une fois de plus, les petits paient pour les plus gros. Ce signal est inquiétant alors que les pouvoirs publics demandent aux pêcheurs de loisir d’accepter l’enregistrement des captures sur une application, RecFishing, avec les difficultés que cela pose pour les pêcheurs ne maîtrisant pas les nouvelles technologies. »

La FNPP et la CML refusent que la pêche de loisir devienne la variable d’ajustement politique de négociations internationales et industrielles mal maîtrisées. « Nous exigeons le réexamen immédiat de la décision concernant le maquereau, un plafond à 15 ou 20 maquereaux par jour et l’ouverture d’une concertation nationale sur la part réellement prélevée par la pêche de loisir. »

Une manifestation samedi matin à Cherbourg

En plus de la mobilisation de ses adhérents pour obtenir une décision plus juste, le CPLM 50-FNPP invite tous les pêcheurs concernés à le rejoindre pour une grande manifestation organisée samedi à Cherbourg. Le rendez-vous est prévu à 9 h 30 devant la Cité de la Mer. À partir de 10 h, le cortège se dirigera vers la sous-préfecture et la mairie.
« Nous attendons au moins 1 500 adhérents de la Manche et des départements limitrophes. Venez nombreux ! »