Tréauville - Le projet d’arrêté réglementaire du maquereau ne passe pas
À l’école de voile de Diélette, 80 pêcheurs de loisir sont venus échanger sur le projet d’arrêt visant à limiter la capture de maquereaux à 5 spécimens par jour et par personne.
« Qui est contre ce projet d’arrêté réglementaire visant à limiter la capture de maquereau à cinq spécimens par jour et par personne ? », sonde Allain Cossé, président de l’Association des plaisanciers de Port Diélette (APPD). Que ce soit vendredi soir ou hier matin, la totalité des 80 personnes présentes (sur les 49 adhérents pratiquants la pêche de loisir) pour ces deux rendez-vous à l’école de voile de Diélette, ont levé la main.
Un quota annualisé, plutôt que journalier
Ces rassemblements font suite à la décision du gouvernement, le 11 février dernier, de mettre en place ce quota - soumis à consultation publique jusqu’au 12 mars - en réponse à l’avis du Conseil international pour l’exploitation de la mer (Ciem) et de l’Union européenne qui recommande une baisse drastique de 70 % des quotas pour le stock de l’Atlantique Nord-Est. « C’est un décret sans démocratie, puisqu’ils trouveront toujours des réponses à donner à nos arguments », déplore Allain Cossé, également vice-président du comité départemental de la pêche de loisir de la Manche qui regroupe 26 associations, dont plusieurs d’entre elles ont également organisé hier des réunions d’échanges avec leurs adhérents.
L’APPD déplore en effet, sous couvert d’écologie, la stigmatisation de leur pratique qui, selon l’association, n’a pas bénéficié « depuis 2008 » d’étude d’estimation sur le prélèvement de maquereau par les pêcheurs amateurs. « L’espèce migre en mer du Nord. Mais là-haut, les pélagiques peuvent continuer de les capturer sans restriction. L’étude réalisée par l’Ifremer et l’Institut BVA il y a bientôt vingt ans, estimait les prélèvements de pêche récréative par les plaisanciers sur la ressource de l’ordre de 2 à 3 %. »
Prônant l’utilisation de l’outil européen de déclaration en ligne Rec Fishing comme base pour une étude des prélèvements, ces « sentinelles de la mer » comme ils aiment se définir, se sentent lésés par le facteur journalier du quota arrêté pour cette espèce saisonnière aux abords des côtes du Cotentin.
Avec une moyenne estimée entre 200 et 300 maquereaux pêchés à l’année, « il est impossible pour nous de faire des rillettes, du fumé, nos bocaux ou encore un barbecue », souffle Fabrice Diguet, animateur pêche de l’APPD. En effet, contrairement aux pêcheurs du bord, les plaisanciers sortent en moyenne une soixantaine d’heures à l’année.
« C’est un savoir-faire qui risque de se perdre », abonde Hervé Lehir, un autre adhérent, qui réclame un quota annualisé.
Actuellement, la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer (FNPP), appuyée par la Confédération Mer & Liberté, tentent de négocier une élévation du quota journalier autour d’une dizaine de maquereaux. Un chiffre jugé toujours insuffisant pour les pêcheurs de port Diélette, également soutenu par plusieurs députés et sénateurs de la Manche et du Calvados.
Samedi 14 mars ?
Pour ces raisons, en concertation avec le comité départemental de la pêche de loisir, une manifestation, dont le lieu reste à déterminer, est envisagée le samedi 14 mars. « En une vingtaine d’années, nous n’avons manifesté que deux fois. La dernière fois, c’était en 2018 à Cherbourg pour l’interdiction de pêcher le bar », rapporte Allain Cossé. Un rassemblement qui avait réuni 1 500 personnes.
La seule bonne nouvelle pour ces plaisanciers désabusés semble venir de cette espèce. Son quota journalier, jusqu’ici fixé à deux, passe à trois par jour et par personne en 2026 au nord du 48e parallèle, au même titre que le lieu jaune.


