Trébeurden - pêche loisir. « De plus en plus de contraintes »
Jean-Charles Henri (au premier plan), président de l’ATPP, a été élu au comité 22.
© Le Trégor - MJ Mignot
Les pêcheurs plaisanciers sont découragés par les nouvelles contraintes qui pèsent de plus en plus sur leur loisir, tant au niveau local que départemental.

Le Trégor

Trébeurden - pêche loisir. « De plus en plus de contraintes »

Le comité départemental des associations de plaisanciers et pêcheurs plaisanciers des Côtes-d’Armor a tenu son assemblée générale à la mairie de Trébeurden, samedi 25 avril. Sur les 30 associations (3 000 adhérents) du CD 22, 19 étaient présentes.
L’année 2025 et le début 2026 ont confirmé « la réduction des libertés de la pêche de loisir », débutée en 2024. Claude Bougault, président du CD 22, a énuméré les nouvelles dispositions : la déclaration obligatoire des prises sur l’application RecFishing, le marquage des engins de pêche, des dispositions fiscales défavorables aux bateaux à moteur, la multiplication des restrictions dans les aires marines protégées et, « cerise sur le gâteau », le quota de 5 maquereaux par jour et par pêcheur.
« L’addition de ces mesures sur une période très courte, crée un climat d’instabilité réglementaire qui fragilise notre pratique populaire », observe Claude Bougault. La fréquentation des ports et les activités commerciales liées à la mer sont en baisse.

10 maquereaux gagnés de haute lutte

Les réactions de la fédération et de la Confédération Mer et Liberté (CML) ainsi que des élus (député et sénateur) ont permis d’obtenir, par jour et par pêcheur, un quota de deux lieus à partir du 1er mai, trois bars en dehors de l’interdiction en février et mars et, finalement, 10 maquereaux.
« Concernant le maquereau, nous sommes conscients que cette espèce subit une baisse très importante du stock. Nous n’en sommes pas la cause, mais devons-nous pour autant être la variable d’ajustement de cet état de fait ? », remarque le président.

Des relations avec l’Ifremer

Les plaisanciers saluent la création d’un département pêche de loisir au sein de l’Ifremer, « qui nous permettra, espérons-le, d’avoir un dialogue constructif pour la fixation des quotas et l’évaluation plus réaliste de nos prélèvements ».
Jean-Charles Henri, président de l’Association trébeurdinaise des pêcheurs plaisanciers (ATPP, qui compte 96 adhérents), est devenu membre du comité départemental à la suite de Jean-François Omnès, ex président de l’ATPP, qui ne s’est pas représenté.
À la suite de l’assemblée générale du CD 22, il s’est exprimé sur les contraintes imposées aux pêcheurs plaisanciers. Il fait d’ailleurs le constat d’un nombre de plus en plus grand d’adhérents sensibles au respect de la nature : « Beaucoup de plaisanciers revendent leur bateau. Veulent-ils flinguer la filière de la pêche plaisance ? C’est pourtant une économie énorme. Pour que les mesures soient comprises, il faut les expliquer. J’essaie de faire de la pédagogie à mon niveau ».
Selon lui, l’application n’est pas assez fluide. « Il faut que les pêcheurs puissent faire une déclaration papier. Les contraintes manquent de cohérence. » Et d’arguer : « S’il y a des responsables, ce sont bien ces bateaux-usines qui vont sur les frayères. On vit très bien avec les pêcheurs professionnels locaux. »
Jean-Charles Henri se réjouit aussi du rapprochement avec l’Ifremer. Concernant la pêche à pied, l’ATPP a déjà participé à l’évaluation du gisement de Goas Treiz, à Trébeurden. « Il faut que les choses soient quantifiées et prouvées. Prélevons ce dont nous avons besoin, pas plus ! »