« Chabaud, des maquereaux ! » : à Cherbourg, un millier de pêcheurs de loisir interpellent la ministre sur les quotas
Le cortège a pris fin, ce samedi 14 mars 2026 en fin de matinée, devant la mairie déléguée de Cherbourg-Octeville (Manche).
900 selon la police. 1 500 selon les organisateurs. La réalité tourne plutôt autour du gros millier. Venus de toute la Normandie et de Bretagne nord, les pêcheurs de loisir ont protesté, ce samedi 14 mars 2026, dans les rues de Cherbourg (Manche). La colère gronde pour le maquereau.

Ouest-France

« Chabaud, des maquereaux ! » : à Cherbourg, un millier de pêcheurs de loisir interpellent la ministre sur les quotas

« Cette année sera de transition, par rapport aux sanctions liées à REC Fishing, cette application de déclaration des prises. » Denis Richard, président du Comité de la Manche des pêcheurs de loisir, a les yeux fixés au calendrier. Le 12 mars, la consultation publique sur les quotas de pêche au maquereau s’est arrêtée. « Plus de 7 000 contributions, du jamais-vu », poursuit-il (en fait c’est 8 012).

Cinq poissons par jour et par personne

Il ne redoute plus que l’arrêté gouvernemental : la ministre de la Mer Catherine Chabaud, ainsi qu’elle l’annonçait en exclusivité à Ouest-France le 18 février, veut restreindre les amateurs de dandinette ou de traîne au leurre à cinq poissons par jour et par personne.

Autour de Denis Richard, une petite mer de manifestants venus défiler à Cherbourg depuis toute la Normandie et la Bretagne nord. « J’avais un peu peur du nombre le jour de l’ouverture de la rivière », souffle-t-il. Le mouvement revendique 1 500 participants. La police, 600 de moins.

Une foule mouchetée

La justesse de l’estimation porte plutôt au gros millier, ce qui est déjà beaucoup. La foule mouchetée de l’orange des gilets de sauvetage qu’endossent certains incarne une tradition populaire. « Le maquereau, c’est le poisson de Monsieur Tout-le-monde », assène Guy Corlays. Le poisson du prolétaire.

Le Malouin accuse 79 ans, se dit « pêcheur depuis (sa) tendre enfance ». Assure observer « la raréfaction de l’espèce depuis sept-huit ans ». D’autres évoquent une décennie. Tous pointent la pêche industrielle et les faveurs européennes. « Y’a un truc qui s’appelle les lobbies », dénonce Adrien Cossé, de Diélette. « Ils pèsent sur le politique pour favoriser les bateaux-usines et la surpêche… »

Une banderole humoristique des pêcheurs de loisir plante le décor.
© Ouest-France

Un quota mensuel demandé de 100 poissons

Une banderole humoristique dessine le contraste : 104 tonnes de maquereaux prélevées en 2025 par les pêcheurs amateurs. 16 000 tonnes par les fabricants de farine de poisson.
« Si tu veux m’faire un cadeau, M’dame Chabaud, donne du maquereau », chante un mégaphone. Car si personne ne s’oppose à un quota, « la demande de nos adhérents tourne plutôt autour d’un quota mensuel d’environ 100. Cinq, c’est un lever de canne », expose le Havrais Denis Cottard, vice-président de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer.

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