Dans le Val-de-Saire, les pêcheurs de loisir perplexes face à la déclaration des captures voulue par l'Europe
Michel Bondet s’interroge sur le bien-fondé des nouvelles réglementations européennes pour la pêche de loisirs.
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Alors que de nouvelles réglementations européennes doivent entrer en vigueur prochainement, les pêcheurs de loisir du Val-de-Saire (Manche) s’interrogent sur leur bien-fondé.

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Dans le Val-de-Saire, les pêcheurs de loisir perplexes face à la déclaration des captures voulue par l’Europe

Sur le ponton du port de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), Michel Bondet, président de l’association des pêcheurs de loisirs du Val-de-Saire, prépare ses prochaines réunions d’information pour ses adhérents.

Les plaisanciers s’interrogent sur les nouvelles réglementations que l’Union européenne souhaite mettre en place. « L’idée de cette réglementation est de recenser les plaisanciers qui pêchent quatre espèces de poissons censées être en danger : bar, lieu jaune, dorade rose et coryphène. Ces deux dernières étant en Méditerranée », explique Michel Bondet. « Ils devront se déclarer annuellement sur une application spécifique élaborée par l’Union européenne sur Internet. » Une application qui ne fonctionne pas pour l’heure. « On n’a donc pas la date de mise en place. »

Déclarer et marquer

Chaque prise devra être déclarée dans la journée. « L’application ne dispense pas les pêcheurs du marquage lors de chaque prise au niveau de la nageoire caudale. » Aujourd’hui, les quotas sont de deux bars, un lieu jaune par jour et par pêcheur embarqué.

Michel Bondet s’interroge aussi sur la finalité de ce recensement des pêcheurs. « Il ne faudrait pas que cela débouche sur un permis de pêche payant ou toutes autres taxes. » Quant au maquereau, les plaisanciers évoquent une Europe qui souhaiterait réduire les quotas de 70 % alors qu’il n’y en a pas dans les Pays de la mer du Nord. « On ne sait pas comment cela sera traité en France. »

Selon Michel Bondet, il ne faut ignorer les 2, 5 millions de pêcheurs de loisirs en France, qui représentent « une économie de premier ordre ». Pour un bateau de 7, 5 mètres dans le port de Saint-Vaast-la-Hougue, il faut compter un budget annuel d’environ 3 400 € pour le propriétaire plaisancier. Ça va de 1 400 € la place de port à 600 € de matériels et 800 € d’entretien entre autres. Si certaines règles se conçoivent, il ne faut abuser.

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