« La pêche récréative n’a plus d’intérêt à mes yeux » : à Saint-Pol-de-Léon, le président des pêcheurs de loisirs s’en va
Trente ans après avoir pris la tête de l’association des pêcheurs plaisanciers et sportifs de Pempoul, à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), Jean-Pascal Grall, dit Pascal, a décidé de démissionner de son poste de président. Il garde en souvenir le plaisir d’organiser des animations ludiques mais exprime aussi sa lassitude face à une réglementation européenne contraignante pour la pêche de loisirs.
« Avant, tu partais en mer avec des amis ou en famille pour au moins six heures, le temps d’une marée que tu espérais propice aux prises de poissons. Aujourd’hui, tu ne sors plus que pour rentrer avec deux bars ou lieus, quota imposé par la législation européenne. La pêche récréative n’a plus d’intérêt à mes yeux. »
Jean-Pascal Grall, dit Pascal, a démissionné de sa place de président de l’association des pêcheurs plaisanciers et sportifs de Pempoul, dimanche 11 janvier. Il occupait cette fonction depuis 1996, date de création de ce groupement entre pêcheurs de loisirs, interlocuteur auprès des autorités. Le tout dans une ambiance de bonne camaraderie ou de raillerie quand l’occasion était donnée de se moquer d’un adhérent vantant ses belles prises.
« Une volonté noble mais trop restrictive »
Un esprit qui s’est épuisé progressivement, avec les départs des pionniers, bien que les entrants, très motivés, aient continué à s’inscrire, pour les sorties maquereaux en juin, avec repas festif au retour de mer. Convivialité, ententes cordiales pour la fête de la mer de Pempoul, en août, « telle une fête nationale pour nous qui l’avons initiée », ont souvent laissé place aux discussions autour des contingences pour la pêche loisir en mer. « Un mille-feuille pour protéger la biodiversité et préserver la ressource halieutique. Une volonté noble, certes, mais trop restrictive pour la pêche de loisir. »
Le président démissionnaire argumente ses propos. « Les bateaux ne se vendent pas ou plus, comme un signe de renoncement. L’interdiction de pêcher en début d’année pendant plus d’un trimestre a ajouté à la démotivation. »
Un président sur tous les fronts
Il s’appuie sur le passé pour dire combien sont départ se réalise la mort dans l’âme. « La pointe de la Groue est équipée d’une balise latérale tribord grâce à [lui]. » Un jour, il a reçu l’appel d’un interlocuteur des Phares et Balises lui expliquant l’existence de fonds pour la réalisation d’un aménagement portuaire à Saint-Pol-de-Léon.
Après avoir, comme d’autres propriétaires de bateaux, talonner en rentrant au port, Jean-Pascal Grall a eu l’idée de la balise. L’administration a ensuite géré le dossier.
Présence aux commissions portuaires, installation de corps-morts municipaux, enlèvement des points d’appui sauvage, participation aux déroctages de l’estran. Peu de choses ont échappé à ce président aux « 20 années d’embarquement dans la Marine nationale et aux 25 ans de professorat technique pour finir sa carrière ». Il a aussi été président du tennis-club de Pempoul durant quinze saisons.


