« On a été mal défendus » : Les pêcheurs plaisanciers regrettent les règles de la pêche aux maquereaux
À la tête de l’association des usagers du port de Barfleur (AUPB, Manche) qui réunit plus de 65 pêcheurs plaisanciers de loisir, Thierry Aune est entre deux eaux. Il est satisfait de s’ouvrir à de nouvelles pêcheries et agacé par les nouvelles réglementations limitant le nombre de maquereaux à pêcher.
En plein développement, la pêche au thon est assujettie à une réglementation stricte. « Cette pêche n’est pas ouverte à tous. Il faut adhérer à une fédération qui nous délivre des bagues pour marquer les thons pêchés », souligne Thierry Aune, habilité à cette distribution de bagues.
Pêche réglementée
Quand plusieurs bateaux de l’association partent pêcher le thon, une bague par bateau est attribuée. « Un seul thon est autorisé pour la flottille déclarée. Un thon pêché et tout le monde rentre et rend les bagues non utilisées. » Si le thon se pêchait depuis de nombreuses années par les plaisanciers loisirs sur la façade de Granville, cette pêche était rare sur la côte Est et Nord-Est. « Le réchauffement de l’eau fait remonter les thons qui vivaient auparavant sur les côtes espagnoles », précise Thierry Aune qui attend l’arrivée de pêcheurs plaisanciers au sein de l’AUPB pour cette pêche. « La saison dernière, nous avons pêché un thon de 60 kg. Pour une telle prise, c’est une heure de bataille avec canne et moulinet spécifiques. » Une pêche où il faut scruter la mer à la recherche des écumes formées par les thons qui chassent les poissons.
Le maquereau énerve
La réglementation a changé concernant la pêche des maquereaux. La dernière en vigueur stipule que les pêcheurs de loisirs ne sont autorisés à pêcher que dix maquereaux par jour et par personne. Thierry Aune estime que des quotas mensuels ou un poids défini aurait été plus judicieux. « On est énervé contre la fédération nationale des pêcheurs plaisanciers. Lors de nos manifestations, nous demandions au moins vingt maquereaux. On a été mal défendus. » Les plaisanciers subissent aussi la hausse du carburant, en plus des places de port à 450 € pour un bateau de 5,5 m. « Hors augmentation du carburant, il faut plus de 2 000 € chaque année pour ce loisir », précise Thierry Aune. « Peu de jeunes nous rejoignent. »


