Cinq maquereaux par jour et par pêcheur : le quota qui fâche chez les plaisanciers de Fécamp
Les plaisanciers de Fécamp craignent une nouvelle restriction sur le maquereau. Quotas drastiques et taxes peuvent aller jusqu’à provoquer des inquiétudes sur l’avenir du secteur, du côté des pêcheurs et dans les commerces nautiques.
Adeptes de la balade familiale en bateau, ou avec les copains. Ou tout bonnement de la pêche depuis la digue. Les plaisanciers sont aujourd’hui au bord de l’exaspération. La taille réglementaire des espèces, les quotas sur le bar ou le lieu par exemple, ou encore les périodes de fermeture avaient été bien acceptés par les pêcheurs. Ils ne contestent pas la nécessité d’une gestion durable des ressources. Mais comme le souligne depuis Fécamp Jean-Michel Nowakowski, président du comité régional de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en Mer (FNPP), « depuis deux ans, les règles se sont durcies avec les évolutions fiscales de taxe sur les bateaux, l’enregistrement et la déclaration des captures de certaines espèces sensibles (REC Fishing). Le début d’année, c’est aussi le renouvellement de l’abonnement du ponton pour environ 2000€ suivant la taille du bateau ».
Entre l’industriel et le récréatif : « rien de comparable »
Mais c’est surtout l’annonce de la ministre déléguée chargée de la pêche et de la mer qui a mis le feu aux poudres, provoquant une incompréhension totale de la part des associations fécampoises. Elle souhaite imposer un quota de cinq maquereaux par jour et par pêcheur. Pour l’Association fécampoise des usagers du port (AFUP), « les plaisanciers sortent en moyenne 7 à 8 fois par an, donc ce n’est pas la bonne cible ». L’Association des pêcheurs plaisanciers de Fécamp (APPF) et Les Pêcheurs de l’estran abondent : « Les volumes industriels se comptent en milliers de tonnes ; les volumes récréatifs en kilos par sortie. Rien de comparable ».
Du côté des ateliers et boutiques
Derrière, il y a entre 2 et 3 millions de pratiquants en France, donc une réalité économique. Bruno Doutreleau, dirigeant de la société Fécamp Nautic, le voit ainsi : « Nous avons perdu quelques dizaines de clients, des bateaux vendus à l’export : Croatie, Monténégro. Des unités que nous ne retrouverons pas à l’entretien ». Un peu plus modéré, Brice de l’Atelier du Plaisancier « commence à entendre des clients parler de vendre leur bien. Pas d’inquiétude pour l’instant, mais je reste vigilant ». Du côté de la concession USHIP MG Nautic, Ludovic Morice dit avoir l’avantage de la diversification. « Si toutefois le client vend son embarcation, nous pouvons le retrouver en Liberty Pass, notre système de colocation. »
Une réaction politique
Beaucoup d’élus du littoral ont réagi. La députée Marie-Agnès Poussier-Winsback a adressé un courrier à la ministre pour réagir face à « une mesure brutale et insuffisamment concertée », lui demandant de bien vouloir « reconsidérer sa position ». La réunion du 11 mars entre la ministre et les organisations de pêcheurs plaisanciers a été sans avancées significatives. À Cherbourg, une manifestation a réuni 1500 plaisanciers normands et bretons. Affaire à suivre.


