Édito : cinq seulement…
La décision d’instaurer, pour 2026, un quota de cinq maquereaux par pêcheur et par jour a choqué le monde de la pêche de loisir et de Ia plaisance mais aussi ses instances. La Confédération Mer & Liberté, la FNPP (Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer), mais aussi le Gifap (Groupement de l’industrie française d’articles de pêche) sont montrées au créneau en sollicitant par communiqués sa suspension. Nul ne conteste le principe de régulation, mais tout le monde s’interroge sur la méthode, la proportionnalité et la cohérence de cette décision.
La pêche de loisir ne peut être érigée en variable d’ajustement d’une crise halieutique d’ampleur internationale. Rien, à ce stade, ne démontre publiquement qu’un plafond fixé à cinq maquereaux par jour, produira un effet mesurable sur l’état du stock. L’absence d’étude d’impact consolidée fragilise la légitimité scientifique de la mesure.
Les implications économiques, en revanche, sont immédiates. La pêche récréative représente près de 3 milliards d’euros et alimente un écosystème dense : fabricants d’articles, distribution spécialisée, nautisme, tourisme littoral, ports et services. Le maquereau pèse environ 20 % du segment « mer », soit près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires direct.
Un quota trop faible, perçu comme dissuasif risque d’entraîner un décrochage de la pratique, avec des répercussions rapides sur l’emploi et la vitalité des territoires côtiers. La pêche du maquereau constitue l’un des rares points d’entrée accessibles à la culture maritime. C’est bien souvent le premier poisson que l’on prend entre copains ou en famille. Sa pêche structure un apprentissage concret des équilibres biologiques et des gestes responsables. L’affaiblir revient à réduire un vecteur intergénérationnel d’appropriation des enjeux environnementaux.
La décision intervient dans un contexte d’accumulation de normes, déclaration via RecFishing, restrictions sur le plomb, évolutions fiscales et contraintes accrues en aires marines protégées, qui alimente un sentiment d’instabilité réglementaire. Sans concertation, ni cadre scientifique défini et partagé, la régulation perd en crédibilité. La pêche en mer exige une politique lisible : articulée, étayée et économiquement soutenable. De nombreux parlementaires ont aussi rejoint les rangs des demandeurs de suspension de ce quota. Nous espérons vivement que cette demande soit entendue rapidement pour le plus grand plaisir des pêcheurs de loisir et des passionnés que nous sommes...
Un quota journalier de 5 maquereaux
(communiqué de la FNPP)
La FNPP et la Confédération Mer & Liberté dénoncent avec fermeté l’intention de la ministre de la Mer de fixer à 5 maquereaux le quota journalier de la pêche de loisir.
Cette mesure est disproportionnée, injuste et scientifiquement non démontrée. Le maquereau, espèce emblématique pour la plaisance toutes catégories sociales et générations confondues pour une pêche familiale, est une espèce exploitée massivement par des flottilles industrielles opérant à l’échelle internationale. La pêche de loisir, elle, représente une part marginale des volumes prélevés. Elle ne doit donc pas être la variable d’ajustement des échecs des gestions politiques et industrielles.
Une décision politiquement facile… mais techniquement contestable. Aucune étude publique n’a démontré qu’une restriction aussi drastique à 5 individus par jour/par personne aurait un effet mesurable sur la ressource, Au contraire, elles confirment qu’il n’y a pas d’impact au moins jusqu’à un prélèvement de 8 à 10 maquereaux par jour/pêcheur.
Bien plus grave en revanche, cette décision a un effet immédiat sur les familles sur le littoral, les pêcheurs responsables et l’activité des ports de plaisance. Alors que la pêche de loisir est déjà largement soumise à des contraintes pas toujours équitables, elle ne fera que pousser plusieurs centaines de milliers de gens raisonnables, jeunes et bons pères de famille, à se radicaliser. Une fois de plus, les petits payent pour les plus gros.
Un signal inquiétant alors que les pouvoirs publics demandent aux pêcheurs de loisir :
- d’accepter l’enregistrement des captures (RecFishing) ;
- d’intégrer de nouvelles contraintes réglementaires (plomb, TAEMUP…) ;
- de supporter de nouvelles charges environnementales (parcs marins, ZPF, éolien…).
Et la ministre de la Mer répond par une restriction supplémentaire sans démonstration d’impact et qui décrédibilise toutes les volontés de dialogue.
La FNPP avec la CML refusent que la pêche de loisir devienne la variable d’ajustement politique de négociations internationales et industrielles mal maîtrisées. La réalité : quelques kilos face à un volume industriel en milliers de tonnes ; 10 maquereaux correspondent à u ne consommation familiale raisonnable. Parler de surexploitation à ce niveau relève davantage du symbole dogmatique que de Ia science.
La FNPP avec la CML exigent :
- le réexamen immédiat de la décision ;
- un plafond à 10 maquereaux par jour ;
- l’ouverture d’u ne concertation nationale sur la part réellement prélevée par la pêche de loisir.
La fédération se réserve la possibilité de mobiliser l’ensemble de ses adhérents et d’engager toutes les démarches nécessaires pour obtenir une décision plus juste.
Cinq maquereaux, c’est à peine 1 kilogramme de poisson. 0n ne sauve pas un stock international attaqué par des usines flottantes avec un panier familial. Par contre, on a provoqué une levée de boucliers de centaines de milliers d’électeurs concourant à un poids économique de plus de 4 milliards d’Euros.


