Patrick Zimmermann, président de la FNPP, fervent défenseur de la pêche de loisir
Après quarante années dans la Marine nationale, Patrick Zimmermann, président de la FNPP et vice-président de l’amicale des plaisanciers de Guidel (Morbihan), défend aujourd’hui la pêche de loisir et les plaisanciers. Entre protection de la ressource et « millefeuille de contraintes », il milite pour une pratique populaire, responsable et accessible à tous.
Après quarante années dans la Marine nationale, Patrick Zimmermann, président de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches (FNPP) et vice-président de l’amicale des plaisanciers de Guidel (Morbihan), défend aujourd’hui la pêche de loisir et les plaisanciers. Entretien.
La pêche occupe une place importante dans votre vie…
La mer a été mon domaine pendant quarante ans dans la Marine nationale. C’était naturel de poursuivre dans le cadre des loisirs. J’ai fait un peu de voile, mais c’est la pêche qui m’attire le plus. C’est une activité populaire, conviviale, intergénérationnelle et familiale. Elle permet de transmettre une passion, mais aussi de faire découvrir la biodiversité marine aux enfants, de les former à l’observation et au respect de la nature.
Vous défendez les pêcheurs plaisanciers, mais aussi la protection de la nature. Comment concilier les deux ?
Cette nature, il faut la préserver, mais il faut la préserver en étant modéré. Nous partageons le même milieu avec les professionnels de la mer, les défenseurs de l’environnement et tous les autres usagers. Nous sommes là pour vivre dans le même milieu en harmonie, même si l’harmonie n’est pas toujours très facile. Nous ne sommes pas des prédateurs. Moi, je n’ai pas envie que mes fils et mes petits-enfants ne puissent plus pêcher, qu’il y ait une mer morte.
Qu’est-ce qui vous fait le plus réagir aujourd’hui ?
Il y a quand même « un millefeuille de contraintes » qui nous tombe sur la figure chaque année et qui s’accumule : réglementation, fiscalité, enregistrement des captures… Nous sommes obligés de faire quotidiennement une veille institutionnelle pour découvrir les lois et les décrets. Nous sommes pourtant favorables à ce qu’on ait une vraie vision de la pêche de loisir et de son poids sur la ressource. Mais il faut que cela repose sur des observations scientifiques et pas sur des approximations. L’application RecFishing, par exemple, n’était pas au point au départ. On a pu travailler avec l’administration pour trouver des assouplissements.
Vous êtes également mobilisé contre l’interdiction annoncée du plomb ?
Nous sommes conscients qu’il faut protéger l’environnement. Nous demandons un moratoire, avant cette interdiction, notamment parce qu’on veut nous imposer des substituts qui coûtent entre quatre et dix fois plus cher. Nous ne voulons pas que la pêche de loisir soit une pêche réservée à une élite. Nous voulons qu’elle soit accessible à tous.
Malgré tout, vous restez optimiste ?
Je suis optimiste de nature. Je suis persuadé qu’à un moment, on va nous entendre, on va nous écouter. Il faut baser nos positions sur des observations scientifiques. Et s’il faut aller du côté du politique, on ira du côté du politique. La pêche de loisir, si vous voulez, c’est le jardin potager de « Monsieur tout le monde » face aux maraîchers.


