Jean Mitsialis : « Savoir quel est l’impact de la pêche de loisir sur la ressource »
Le 10 janvier, par le biais d’une application, devait entrer en vigueur l’obligation de déclaration des captures d’espèces dites « sensibles » pour la pêche de loisir. Qui est concerné par cette mesure ?
Cela concerne tous les pêcheurs de loisirs sans exception de plus de 16 ans. Seuls sont exemptés les pêcheurs à pied en Méditerranée.
En Méditerranée, cela concerne tous les poissons ?
Non, cela en concerne uniquement certains. En Méditerranée, ce sont la dorade rose, la dorade coryphène et le thon rouge.
Sachant qu’il faut quand même respecter, au niveau de la taille des prises, une certaine maille, non ?
Bien entendu, dans tous les cas, il faut respecter lamaille fixée. Pour le thon, c’est un peu particulier puisque sa pêche est déjà aujourd’hui, très suivie et réglementée. Il y a déjà une déclaration. Ce que l’on ne sait pas encore et on devrait l’apprendre bientôt, c’est s’il faudra le déclarer sur l’application (à télécharger sur son mobile NDLR) ou autrement…
Tout cela devait entrer en vigueur le 10 janvier et il n’y a toujours rien…
Il y a eu une information du ministère qui a dit que c’était repoussé à une date ultérieure. Ils annonçaient quelques semaines.
Pourquoi la mise en place de la mesure a-t-elle été retardée ?
Parce qu’en fait, l’application n’est pas disponible pour les 27 pays de la communauté européenne. Cette réglementation européenne date de 2023 et doit être mise en oeuvre au plus tard avant fin 2026.
Pourquoi est-il important de déclarer les prises ?
Cette déclaration est importante dans le cadre de la protection de la ressource et pour nous, pêcheurs de loisirs, cela permet de savoir exactement quel est, aujourd’hui, l’impact de la pêche de loisirs sur cette ressource. Ce qui est inconnu. Avec même des chiffres bizarres, où on nous dit que nous pêchons autant que les professionnels. C’est ce qui avait été annoncé à une époque. C’était complètement incohérent comme démarche.
Comment les pêcheurs, dans leur ensemble, prennent cette mesure ?
Au départ, il y a eu une petite fronde. Mais en faisant un peu de pédagogie autour de tout cela, il y a une acceptation. Mais il faut vraiment faire de la pédagogie, bien expliquer pourquoi il est important en tant que pêcheur de loisir de s’enregistrer.
Combien y a-t-il de pêcheurs adhérents à la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer dont vous êtes le président ?
Au niveau national, nous sommesunpeuplus de 30 000 adhérents. En Occitanie, il y en a plus de 3 500.
Cela concerne combien de pêcheurs adhérents à des associations sur Valras-Plage, où vous présidez l’Association de protection de la plaisance et de la pêche (APPP) de Valras-Plage et des ports de l’Orb ?
À l’APP, nous sommes un peu plus de 200.Mais il y a aussi une association au port Jean-Gau.
Si l’on prend l’ensemble, je dirai que nous devons être environ 450. Cela représente beaucoup de monde. Et c’est sans compter les pêcheurs qui ne sont pas fédérés ou qui ne sont pas dans une association.
Va-t-il y avoir des contrôles ?
Bien entendu, il y aura des contrôles mais pour la première année, ils vont se faire sans sanction.
Qui assurera ces contrôles ?
Ce sont les gens de l’Office français
de la biodiversité mais aussi les Affaires maritimes et la gendarmerie maritime.
Comment allez-vous sensibiliser vos pêcheurs ?
Nous allons planifier des formations à partir du moment où l’application sera effective. Cela permettra d’expliquer pourquoi et comment fonctionne l’application et faire de la pédagogie.
Laurent François - lfrancois@midilibre.com - © Midi Libre


