Pêche de loisir : près de 40000 pêcheurs inscrits sur l’application obligatoire RecFishing
Son lancement avait été quelque peu chaotique : prévue pour le 10 janvier, l’application RecFishing a finalement été disponible en France un mois plus tard, le 12 février.
Les pêcheurs récréatifs qui ciblent certaines espèces dites sensibles doivent obligatoirement s’y enregistrer et y déclarer leurs prises. Sur le littoral ouest, elles sont au nombre de quatre : le lieu jaune, le bar, la dorade rose et le maquereau.
Cette obligation est commune à toute l’Union européenne, même si certains États membres ont décidé de développer leur propre application. Les territoires d’outre-mer français ne sont pas concernés par l’obligation.
Des chiffres « encourageants »
Trois mois après ce lancement, et alors que la saison de pêche commence tout juste avec l’arrivée des beaux jours, il est certainement tôt pour tirer un bilan complet. Néanmoins, le ministère de la Transition écologique indique à Ouest-France qu’au 7 mai 2026, RecFishing « comptabilise 37 489 pêcheurs enregistrés depuis le 12 février ».
Un chiffre qui paraît bien faible au regard des quelque 2,5 millions de pêcheurs de loisirs en France, selon l’estimation du gouvernement, mais qui est jugé tout de même « plutôt satisfaisant en sortant de la période hivernale et pour une première année d’exercice. Un pic d’enregistrement est attendu pour la saison estivale », répond le ministère.
Au niveau des déclarations de prises, « on compte 20 398 déclarations de captures avec un pic de déclarations de 10 517 déclarations en avril ».
Des premiers contrôles
Selon les données du ministère, les déclarations sont faites sur tout le littoral hexagonal, « avec deux fois plus de déclarations depuis un navire que depuis la côte ». Par ailleurs, « les deux tiers des déclarations de capture concernent des captures conservées, le reste étant du pêcher-relâcher ».
Au niveau des contrôles, ils visent « d’abord à rappeler l’obligation de déclaration. Un bilan sera effectué à la fin de l’année 2026 », précise-t-on encore au ministère.
« De premiers contrôles ont été effectués par les autorités compétentes » (pas uniquement des affaires maritimes) concernant aussi le quota de dix maquereaux par jour par pêcheur, une règle décorrélée de RecFishing, mais qui avait également beaucoup agité le milieu de la pêche de loisir.
Idées d’amélioration
Du côté de la FNPP (Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer), on estime qu’il est trop tôt pour dresser un premier bilan. Mais Alain Scriban, l’un de ses vice-présidents, « entend peu de gens râler. Pas mal de pêcheurs sont inscrits mais certains oublient de déclarer les prises… C’est clair que ça va prendre du temps », pointe-t-il.
Le pêcheur costarmoricain ne manque pas d’idées pour améliorer l’application, même si « chaque modification se fait au niveau européen, donc il y a une forte latence ».
Alain Scriban demande par exemple que l’application puisse être « disponible sur ordinateur, pas que sur téléphone ». Surtout, il réclame — ce qui était déjà le cas avant même le lancement en France — que les associations puissent enregistrer certains de leurs membres peu à l’aise avec l’informatique.
Enfin, comment faire pour « la famille ou les amis, pêcheurs très occasionnels, qui nous accompagnent un week-end ? ». Le Breton aimerait que le « responsable du bateau puisse déclarer pour toutes les personnes présentes à bord ».


