Pêche. La mobilisation a payé : les pêcheurs de loisir peuvent continuer à pêcher le maquereau
Trois questions à Patrick Zimmermann, nouveau président de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer (FNPP).
Comment la FNPP vient est-elle parvenue à éviter l’interdiction de la pêche au maquereau ?
En décembre, la ministre de la Pêche et de la mer, Catherine Chabaud voulait publier un arrêté ministériel interdisant la pêche au maquereau aux pêcheurs de loisir, pour préserver la ressource. Or, si 70 % de la ressource halieutique a été détruite ces dernières années, c’est avant tout le fait des énormes navires usines des pays nordiques. Il nous a fallu trois mois de négociations et d’interventions à tous les niveaux décisionnels, pour obtenir, avec les autres associations de pêcheurs et grâce au soutien de nombreux élus, un quota de dix maquereaux par jour de pêche et par pêcheur.
Pourquoi contestez-vous l’évaluation de votre impact sur la ressource ?
Parce qu’il ne repose pas sur des données fiables. Ce sont des évaluations qui ne sont pas toujours étayées par la réalité du terrain. Estimer que la pêche de loisir prélève 20 à 30 % de la ressource ne sert qu’à justifier les restrictions prises à son égard. L’an dernier, les chiffres évaluaient à 306 000 tonnes les débarquements en criée. Or, le panier moyen d’un pêcheur de loisir, qui sort en moyenne six à sept fois par an, est de 10 kg, toutes espèces confondues.
Comment faire pour mieux estimer cet impact et parvenir à vous faire entendre ?
Notre objectif est de ne plus subir les décisions mais d’être acteurs. On ne peut pas imposer des contraintes aux usagers sans les consulter. Nous ne sommes pas des yachtmen, la pêche de loisirs est populaire et familiale. La création récente par Ifremer, d’une section pêche de loisirs va nous permettre de devenir des partenaires pour collecter les données halieutiques. Chaque pêcheur peut déclarer ses pêches via l’outil informatique RecFishing, mais qui n’est pas satisfaisant aujourd’hui. Les usagers ne doivent pas le prendre comme un contrôle mais comme un outil pour nous faire entendre. Nous voulons contribuer à son amélioration, pour qu’il soit facile d’usage pour tous les pêcheurs.


